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La phago-thérapie, une solution pour lutter contre la crise des antibiotiques ?

 

Les biohackers européens s’intéressent aux virus de bactéries. À l’occasion du débat « Quand la société civile rencontre la science » au Synenergene Forum , l’un d’entre eux Rüdiger Trojok a présenté leur projet sur la phago-thérapie et la biologie digitale. Son réseau de biologistes alternatifs (DiYBio) d’Europe a organisé trois rencontres (Helsinki en 2014, Italie en 2015, Berlin en 2016) pour rechercher des solutions à la crise grave causée par la perte d’efficiacité des antibiotiques.

 

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Posté par le dans Biologie
Alerte au riz fou !
108 Prix Nobel somment Greenpeace de stopper leur « croisade anti-OGM ». Dans une lettre adressée à l’organisation militante, les scientifiques renommés demandent à l’ONG de « ne plus dénigrer le riz doré qui peut apporter une ressource en vitamine A aux enfants des pays en développement. La campagne est parfaitement orchestrée avec son site internet dédié à « l’agriculture de précision » supportprecisionagriculture.orgqui présente la liste des signataires, parmi lesquels quelques Français comme Claude Cohen-Tannoudji, Roger Guillemin, Serge, Haroche et le chimiste Jean-Marie Lehn. On trouve les grands noms de Stanley Prusiner, Sir Martin J. Evans et bien sûr James Watson.  
 
« Nous appelons Greenpeace à cesser sa campagne contre le riz doré en particulier et contre les cultures et les aliments améliorés grâce aux biotechnologies en général, écrivent les 108 Prix Nobel qui enjoignent les dirigeants et les militants à se résoudre aux « excellents résultats des OGM reconnus la plupart des agences ». La lettre qu’ils ont publiée ce 30 juin est un plaidoyer pour ce qu’on appelle « l’agriculture de précision » qui vise l'optimisation des rendements, des investissements et le recours aux biotechnologies. L’ennemi public tout désigné est l’association militante Greenpeace. « Greenpeace a été le fer de lance de l’opposition contre le riz doré. Or ce dernier a le potentiel de réduire ou d'éliminer la plupart des décès et maladies causées par une carence en vitamine A (CVA), dont l’impact est le plus fort sur les populations les plus pauvres en Afrique et en Asie du Sud-Est ».
 
L’opération de lobbying a été organisée par Richard Roberts, directeur scientifique des NewEngland Biolabs et Phillip Sharp, qui a reçu son Prix Nobel en 1993 pour sa découverte des séquences génétiques appelées introns (qui permettent une combinatoire d’expression génétique). Une conférence de presse s’est tenue jeudi 30 juin à Washington. La rencontre a été menée avec le soutien d’un ancien de Monsanto, Jay Byrne qui veillait à filtrer les journalistes.
 
La pétition a ciblé le riz doré, le seul OGM censé apporter un bénéfice santé
 
Les pétitionnaires en appellent aux gouvernements pour qu’ils fassent « tout ce qui est en leur pouvoir pour s’opposer aux actions de Greenpeace et accélérer l'accès des
agriculteurs à tous les outils de la biologie moderne, en particulier des semences améliorées par les biotechnologies. L’opposition basée sur l'émotion et le dogme, et contredite par les faits, doit être stoppée ». Les auteurs - qui ont fait signer les Prix Nobel - ont ciblé le riz doré, qui est le seul OGM censé apporter un bénéfice santé. Cela leur permet de conclure sous un mode dramatique : « Combien de gens doivent mourir avant que l’on reconnaisse ce rejet comme un « crime contre l’humanité ? »
 
Cette manifestation arrive à un moment crucial de la révision de la réglementation OGM aux Etats Unis. Le 21 juin, le Président de la Commission du Sénat américain sur l’agriculture, Pat Roberts (R-KS), et Debbie Stabenow (D-MI) ont publié un projet de loivisant à exiger l’étiquetage obligatoire de la plupart des aliments contenant des ingrédients génétiquement modifiés. Le projet de loi prévoit des options d’étiquetage – les entreprises peuvent choisir d’offrir aux consommateurs une étiquette sur l’emballage, un symbole ou une étiquette électronique pouvant être scannée. L’étiquette électronique pouvant être scannée doit fournir directement aux consommateurs des informations sur les OGM. Ce projet de loi Roberts- Stabenow sur l’étiquetage des OGM va venir au un vote la semaine prochaine au Sénat des Etats-Unis. Bien sûr l’actualité sur la définition des aliments génétiquement modifiés dans les cas des nouvelles technologies autour de CRISPR crispent les protagonistes. Selon Stacy Malkan (de l’ONG US Right to Know), « Ces scientifiques de renommée mondiale ont été utilisés comme des pions politiques pour un jeu qui les dépasse ».
La réponse de Greenpeace 
« Nous sommes des scientifiques. Nous comprenons avec la logique de la science. C’est facile de voir que Greenpeace fait des dégâts et est anti-science, a confié au Washington Post. Le britannique et leader de la démarche, Richard Roberts. Greenpeace au début, puis certains de leurs alliés sont sorti délibérément de leur chemin pour effrayer les gens. C’est une manière pour eux de lever des fonds pour leur cause ».
En réponse à cette campagne de dénigrement, Wilhelmina Pelegrina, responsable pour Greenpeace dans le Sud-Est asiatique (Manille), estime que " Les accusations laissant penser que nous bloquons le riz « Golden » génétiquement modifié, sont  fausses. Ce riz 'Golden ' a échoué en tant que solution et n’est actuellement pas disponible à la vente, même après plus de 20 ans de recherche . Comme admis par l'Institut international de recherche sur le riz , il n'a pas été apporté la preuve qu’il pouvait corriger réellement carence en vitamine A . Donc, pour être clair, nous parlons de quelque chose qui n'existe même pas. La militante considère surtout qu’on répond trop souvent à un problème social par des projets techniques qui ne marchent pas. « La seule solution garantie pour corriger la malnutrition est une alimentation saine diversifiée. Il est irresponsable d'imposer le riz doré comme un remède rapide pour les gens qui ne l'accueillent , en particulier quand il y a des options sûres et efficaces déjà disponibles ».
Dans sa chronique de mardi dernier (Le monde du 5 juillet 2016), Stéphane Foucard ironise aussi sur ce riz doré qui n’a toujours pas fait ses preuves. Depuis vingt ans. Et ce n’est pas vraiment la faute à Greenpeace !
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En quête de dérision, modestie, hybridation au Forum BioSynthétique d’Amsterdam

 

 

       Le SYNBIO Forum s’est déroulé les 24 et 25 juin derniers à Amsterdam au NEMO Center. Organisé par le programme européen Synenergene, cet événement a regroupé les parties prenantes de tous horizons pour débattre du futur de la biologie de synthèse et notamment des artistes et designers. Koert Van Mensvoort, Oron Catts et Sascha Pohflepp  ont partagé leurs regard sur l’ingénierie du vivant. Avec humour, gravité et …efficacité ! 

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Transformer les gènes humains en big data
Le décryptage des gènes responsables de maladies se fait désormais à marche forcée. Des investissements massifs (1/3 pivés/ 2/3 Etat) qui vont déboucher sur des casse-têtes juridiques : qui va controler ces données et leur accès ?
Extrait d’article de Laurent Frichet (TSAVO PRESS)
 
670 millions d'euros. Tel est l’investissement qu’a annoncé, ce 22 juin 2016, laministre de la Santé Marisol Touraine, afin de créer 12 centres pour décrypter la totalité des gènes des malades en France. Cette perspective s’inscrit dans le cadre
du plan «médecine personnalisée». Pour réagir au « retard accumulé par le pays ces dernières années »,cette mobilisation vise à faire « 10 fois plus de séquençages haut débit de génomes réalisés en France d'ici à 5 ans ».
Pauline Fréour explique dans un article paru dans Le Figaro que « ce plan se traduira par la création progressive de 12 plateformes dédiées au séquençage génomique à haut débit, technologie dont les immenses progrès permettent désormais de décoder l'ensemble des 20.000 gènes codants d'une personne en seulement quelques jours et pour moins de 1000 €. […]Le Pr Yves Lévy, président de l'Inserm, déclare qu’« avec ce plan, la France se prépare aux besoins prévus dans les années à venir, estimés à 200.000 génomes séquencés par an d'ici à 5 ans ».La journaliste précise que « l'accès élargi à la technologie sera d'abord proposé aux personnes atteintes de maladies rares, de diabète et de cancer. Les premières verront une chance de réduire la durée de pose d'un diagnostic, puisqu'elles n'auront plus à enchaîner plusieurs recherches de gènes spécifiques. Pour les autres, d'identifier le traitement le plus adapté, en évitant par exemple ceux qui leur sont toxiques ».
Le Pr Lévy ajoute qu’« à terme, d'autres maladies pourront être concernées, comme les pathologies cardiovasculaires ou l'hypertension »
 
Pauline Fréour note que « cette ouverture aux malades est différente de l'approche choisie par le Royaume-Uni ou les États-Unis, où le séquençage est réservé à la recherche sans qu'il y ait nécessairement de retour vers l'individu. Les données récoltées en France pourront aussi être utilisées par les chercheurs ».
La Pr Laurence Faivre, spécialisée dans les maladies rares au CHU de Dijon, réagit : « L'annonce de ce plan est une nouvelle extraordinaire. L'accès au séquençage à haut débit est un vrai problème pour les patients. Il n'est proposé que dans 2 ou 3 établissements où des équipes se sont mobilisées pour faire financer le projet par leur direction. Cela crée une inégalité importante sur le territoire ».
Pauline Fréour indique qu’« outre l'équipement des infrastructures (qui seront liées aux CHU), le projet nécessite aussi de former des professionnels (biostatisticiens, bioinformaticiens) et de réfléchir à l'enseignement des médecins, à l'université ou en formation continue ».
Le Pr Lévy « a aussi proposé de saisir le Conseil consultatif national d'éthique, qui a déjà commencé à réfléchir au sujet. […] Quelle conduite tenir par exemple, lorsque le génome d'une personne testée pour une maladie rare indique aussi un risque de
Dans La Croix, Denis Sergent évoque également ce «plan de médecine génomique pour améliorer les soins ».
Le journaliste explique que ce plan « est issu du rapport «France Médecine Génomique 2025 : permettre l’accès au diagnostic génétique sur tout le territoire» du Pr Yves Lévy, président de l’Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé et de l’Inserm, remis au premier ministre » hier.
« Il vise à analyser complètement la nature et l’ordre d’enchaînement des gènes qui composent l’ADN de chaque personne pour détecter ses anomalies géniques (mutations), dans l’objectif notamment de déterminer les risques de développer certaines maladies et les réactions face à des médicaments », poursuit Denis Sergent.
Il note que « sa mise en œuvre […] se structure autour de trois grands objectifs : profiter des progrès technologiques en matière de recherche, déployer un dispositif de génomique clinique sur tout le territoire, et enfin mettre rapidement sur pied une filière nationale de médecine génomique ».
« Ce qui nécessite d’accéder à des milliers de données numériques (le « big data ») sur la santé de la population. Les conditions d’accès à ces données et leur utilisation soulevant un certain nombre de questions éthiques, il a d’ores et déjà été prévu de saisir le comité consultatif national d’éthique », relève le journaliste. 
 
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Palpitations et hybridations poignantes, signées ORLAN et Mael Le Mée
Si nous sommes vivants c’est grâce à d’autres organismes ! Nos corps abritent toutes sortes de microbes très utiles qui font que notre identité est imbriquée dans celle des autres êtres vivants. Mettre en scène ce grouillement de nos matières vivantes, tel est l’ambition de la performance TANGIBLE STRIPTEASE (en nanoséquences) orchestrée par les artistes ORLAN et Mael Le Mée. Bien connus de la communauté du Festival vivant par leurs manifestations lors de VITA NOVA en septembre dernier, les deux biocréateurs ont offert le 2 juin dernier à Enghien une expérience hors du commun. Virgile Novarina raconte.

Par Virgile Novarina
La notion philosophique de « soi », apparue pour la première fois il y a plus de quatre cents ans dans l’Essai sur l’entendement humain de John Locke, a été quelque peu bousculée ces dernières années par une série de découvertes scientifiques sur le rôle des bactéries à l’intérieur du corps humain, et sur le fonctionnement de notre système immunitaire. Aux mille milliards de cellules composant le corps humain, il faut en effet ajouter dix à cent fois plus de cellules bactériennes vivant sur ses muqueuses, assurant certaines fonctions essentielles pour l’individu. Dès lors, que pourrait-être un autoportrait artistique qui tiendrait compte de cet ensemble de cellules bactériennes, appelé microbiote ? C’est dans cette aventure que nous ont entrainés ORLAN et Mael le Mée, lors de la performance participative "TANGIBLE STRIPTEASE (en nanoséquences)", qui a eu lieu le 2 juin 2016 au festival Bains Numériques d’Enghien-les-Bains.
 
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Quand le corps circule dans les mains des spectateurs
Préalablement invité à revêtir une tenue médicale, des gants en plastiques et un masque, le public a pénétré dans la salle de l’auditorium comme dans un bloc opératoire, pour assister à ce qu’ORLAN et Mael Le Mée ont défini comme une « biofiction », mêlant projections multi-écrans, lecture de texte, passage dans le public de l’ORLAN-CORPS —étalon  créé par l’artiste à la taille de son corps, définissant une nouvelle unité de mesure, avec lequel ORLAN a mesuré des rues et des bâtiments—, et d’échantillons biologiques prélevés sur le corps de l’artiste, dans des flacons de culture, des boîtes de pétris, et des tuyaux remplis de toutes sortes de liquides. Le temps de cette performance, le corps d’ORLAN, avec toute sa multiplicité biologique, son microbiote, n’était plus confiné à son enveloppe charnelle, mais s’étendait à tout l’espace de la salle. Son corps biologique nous a été donné à voir, à toucher, à sentir, supprimant la frontière habituelle entre le « soi » et le « non-soi ». De rares spectateurs choqués ou indisposés ont quitté la salle, d’autres semblaient amusés ou intrigués par ce qui passait sous leurs yeux et dans leurs mains. Plus tard, un tuyaux de silicone transparent, comme ceux utilisés habituellement pour les perfusions, a été déployé en grands méandres parcourant toutes les rangées de la salle, sur 60 mètres de long. A son extrémité, Mael le Mée a effectué une prise de sang d’ORLAN, et le public stupéfait a vu et senti le sang de l’artiste arriver progressivement dans ses mains, à l'intérieur du tuyau transparent, au rythme des battements du cœur…
 
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Nous sommes des hybrides…
A cette extension spatiale du corps de l’artiste, s’ajoutera aussi une extension temporelle, du public présent vers un public futur, car les cellules prélevées sur le corps d’ORLAN ayant circulé dans le public ne sont pas destinées à mourir dans leurs tubes à essais et leurs boîtes de pétri : elles seront conservées dans un caisson à - 80 degrés, puis transportées au laboratoire de l’école Sup’Biotech, où elles seront cultivées, et multipliées. A l’inverse des pèlerinages, pour lesquels les croyants parcourent des centaines ou des milliers de kilomètres à pieds pour voir des reliques —le plus souvent des cheveux ou des os, ayant fait partie du corps d’un saint ou d’une sainte—, ORLAN a créé avec Mael Le Mée une sorte de pèlerinage immobile et athée, scientifique et artistique, dans lequel des parties de son microbiote sont venues jusqu’à nous, formant ainsi un autoportrait vivant et médical, évoquant la vivisection, faisant disparaître le clivage entre les cellules humaines d’un côté, et les cellules bactériennes de l’autre. L’expérience nous plonge au cœur de notre étrange statut d’hybride, décrit par Edgardo Carosella, immunologiste, et Thomas Pradeu, philosophe, dans leur livre L'identité, la part de l’autre (Odile Jacob, 2010)
La prochaine performance "TANGIBLE STRIPTEASE (en nanoséquences)" aura lieu lors du Festival Vivant, du 15 au 17 septembre prochain à Paris.

"TANGIBLE STRIPTEASE (en nanoséquences)", une performance d’ORLAN et Mael Le Mée.
Prises de vues en microscopie électronique : Jean-Marc Chomaz , Pierre-Eugène Coulon, Pierre-Damien Coureux, Eric Larquet et Giancarlo Rizza. Prises de vues en microscopie optique : Justin Artigues. Montage vidéo et images complémentaires : Denis Louis. Chargées de production Dorsa Barlow : Sophia Djitli et Charlotte Pavie. Une co-production : Centre des Arts d’Enghien-les-Bains, Dorsa Barlow, Mise à Jour Productions. Avec le soutien du DICRéAM (CNC), du Conseil Régional d’Aquitaine et de la ville de Bordeaux. Partenaires : Ecole Polytechnique-Université Paris-Saclay, Centre Interdisciplinaire de Microscopie de l’Ecole Polytechnique, Laboratoire d’Hydrodynamique CNRS – Ecole Polytechnique, Sup'Biotech. Remerciements : Emmanuel Cuisinier, Jens Hauser, Estelle Mogensen, Yvan Nicolas (CHU de Bordeaux), Aniara Rodado, Dominique Roland, Géraldine Seuleusian, Fabrice Van Nhut (laboratoire d’analyses médicales Unicell d’Enghien-les-Bains).
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