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Vers des moustiques génétiquement modifiés ?

Posté par le dans Biologie
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Par Eric Marois, Laboratoire Réponse Immunitaire et développement chez les Insectes
IBMC-CNRS UPR9022, INSERM U963, Strasbourg
 
Article issu de la communication du 16 sept lors du FESTIVAL VIVANT
 
Les maladies transmises par les moustiques, bien qu'en nette diminution depuis une quinzaine d'années, tuent encore 700 000 à 800 000 personnes par an. Le développement de résistances aux insecticides chez les moustiques, l'apparition continuelle chez les pathogènes de résistances aux médicaments successivement employés (contre le paludisme en particulier), et la difficulté de mise au point de certains vaccins, font cependant craindre un rebond de cette mortalité à moyen terme. Depuis 2003, des chercheurs tentent d'établir des techniques de forçage génétique pour conduire à l’extinction des espèces menaçantes. Ces techniques consistent à produire un transgène capable de s'imposer à l'ensemble de la population d'une espèce-cible comme le moustique anophèle (vecteur du paludisme) ou le moustique de la fièvre jaune Aedes aegypti (également vecteur de la dengue, du chikungunya et du virus Zika).
 
Avec un transgène doté de la propriété de forçage génétique, il serait  théoriquement possible de conférer aux moustiques soit une résistance aux pathogènes qu'ils transmettent à l'humain, soit une stérilité exclusive aux femelles, ce qui permet d'envisager l'éradication potentielle des espèces les plus dangereuses (une dizaine d'espèces sur un total de 3400 espèces de moustiques); un objectif déjà ancien que l'usage des insecticides et la gestion des milieux (dont l'assèchement des zones humides) n'ont pas réussi à atteindre en zone intertropicale.
L'avènement du système CRISPR-Cas9 ouvre aujourd'hui la voie à la mise en place de stratégies de forçage génétique efficaces, avec les premiers résultats prometteurs obtenus en 2015 en laboratoire, illustrant aussi bien l'approche produisant des moustiques résistants (remplacement de population) que l'approche de stérilité femelle (suppression de population).
 
Vers l’éradication de populations entières
 
Cette capacité nouvelle à modifier génétiquement, ou à supprimer, une espèce choisie toute entière, pose des questions écologiques, éthiques et d'acceptabilité sans précédent. Les bénéfices sont potentiellement immenses en termes de vie sauvées, d'impact positif sur l'environnement par la baisse du recours massif aux insecticides. En terme de coût économique, de telles interventions seraient quasiment gratuites si l'efficacité réelle est à la hauteur des espérances, tandis que la lutte antivectorielle classique ainsi que la lutte via les moustiques OGM "de première génération" ont un coût élevé, prohibitif pour de nombreux pays en développement.
Il importe cependant de prendre en compte l'impact environnemental de la disparition d'une espèce de moustique (dans le cas de la suppression de population) qui joue peut-être un rôle non négligeable dans l'écosystème, et l'impact sur l'évolution du système vecteur/pathogène de transgènes voués à persister indéfiniment dans l'environnement (dans le cas de remplacements de populations). La possibilité d'un transfert horizontal de ces transgènes vers d'autres espèces, quoi qu'improbable et a priori sans effet biologique, est également à examiner.
Dans ce processus d'évaluation et de décision, il conviendra de distinguer les espèces légitimes dans leur écosystème, qui ont tissé des liens complexes avec leur milieu, et les espèces invasives comme le moustique-tigre, ne faisant pas partie de l'écosystème originel sur l'essentiel de son aire de distribution actuelle. Les instances destinées à évaluer et réguler ces nouveaux outils, nécessairement internationales, ne sont pas encore en place.
 
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Invité lundi 20 novembre 2017

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