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Quelles modalités d’un dialogue des parties prenantes sur les OGM ?

Posté par le dans Biologie
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Par Joëlle ZASK, philosophe politique, Université de Provence, auteur de La démocratie aux champs (La Découverte, 2016)  
 
article issu de la présentation du 16 sept lors du FESTIVAL VIVANT 2016
 
On sait que l’opinion publique n’est ni sage, ni naturelle, ni inspirée. Est ce une raison pour la mettre au rancart et s’en affranchir le plus possible ? Non : l’efficacité de « la démocratie participative » qui prend aujourd’hui de l’ampleur montre que, là n’est pas la solution. Cette démocratie ne s’oppose pas à tout système représentatif, mais à cette forme de représentation indépendante qui s’est historiquement imposée en France et souvent ailleurs, sous prétexte que « l’homme de la rue » est incapable non seulement de gouverner, mais même de définir ses propres intérêts. Destitué, souvent par les « experts », d’une participation active à la définition des modèles agricoles, l’ « agriculteur ordinaire » voit sa fonction réduite alors même que son savoir-faire et son sens de la conciliation sont des sources pour la démocratie.
 
Lorsque la participation des citoyens à la vie publique se réduit au vote des représentants, si important qu’il soit, elle s’écarte des conditions normales de la responsabilité individuelle et, surtout, de la formation. Afin de correspondre, non à la somme des opinions privées à quoi l’a réduite l’industrie des sondages d’opinion, mais à l’opinion des publics (ou des citoyens) sur les affaires publiques (ou communes), l’opinion publique doit être formée et quotidiennement entraînée. Comme l’a bien analysé Gabriel Tarde, l’un des rares sociologues qui avait confiance en ce qu’il appelait l’Opinion, le journal quotidien porteur des nouvelles du jour et de moult analyses, fut chargé à l’origine de cette fonction.
 
Réapprendre à se forger une opinion les uns par les autres
 
Aujourd’hui, à un moment où l’art de converser et de débattre s’est considérablement perdu, faute d’occasion de l’exercer, de lieux où l’apprendre et d’espaces où le pratiquer, on tente de le ressusciter. C’est un peu comme réapprendre à marcher après une longue immobilisation.
Les formations que nous sommes de plus en plus nombreux à suivre comportent deux aspects. Le premier est éthique : comment se parler de manière à faire avancer la question, à respecter la pluralité des opinions, à créer un milieu propice à l’invention de nouvelles idées, à donner à tous une chance de s’exprimer, à aider les individus les moins armés pour prendre la parole en public à surmonter leur handicap ?
Les méthodes florissantes de communication non-violente et leur cortège de théâtre forum, entraînement mental, mind maping, intelligence collective, éducation populaire, jeu de rôle, etc., ne sont pas destinés à nous divertir. Elles sont des éléments incontournables des modes de vie démocratiques que nous tâchons de « revitaliser ». Les dispositifs proposés pour évaluer et « valuer » des propositions techniques mobilisent clairement cette dimension éthique de la parole publique.
 
Expérimenter des processus d’apprentissage
 
Mais ils mobilisent également un second aspect, l’aspect scientifique : comme l’avaient déjà anticipé James S. Fishkin, l’inventeur en 1988 des sondages participatifs, et avant lui John Dewey qui croyait en l’élévation de « l’intelligence organisée » par l’éducation et la transmission des connaissances « accumulées », les opinions sont, ou devraient être, des jugements qui empruntent à la science à la fois leur méthode et leurs résultats ou leurs faits : leur méthode, au sens où, aux antipodes du dogmatisme, ils sont expérimentaux, hypothétiques, non clos sur eux-mêmes, susceptibles de falsification ou d’une mise à l’épreuve, vérifiables ; et leurs faits, au sens où, aux antipodes cette fois du négationnisme, ils prennent acte des événements réels qui ont été provoqués par les opérations même de vérification ainsi que du déroulement qui a mené à leur établissement.
Très schématiquement, c’est ainsi que se forme l’opinion et que les scientifiques eux-mêmes évaluent leurs propositions à l’aune de leurs conséquences sociales prévisibles. Prendre en charge cette formation croisée, c’est non seulement partager les connaissances et les processus qui mènent à leur établissement, mais aussi refonder la démocratie comme mode de vie et comme forme de gouvernement.
 
 
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Invité mercredi 22 novembre 2017

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