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Quand Radio Canada questionne la biorévolution.

Posté par le dans Biologie
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« La révolution bioéconomique procède de la conjonction de trois disruptions, explique Dorothée Browaeys.  La première vient de notre capacité à designer les organismes devenus des « châssis flexibles » (la biologie de synthèse et big data), la seconde à nous affranchir des règles de l’évolution (Crispr/cas9Gene drive), la troisième à donner ces pouvoirs à tout un chacun (biohacking) ». Ces ruptures surgissent à l’interface entre biologie-informatique-nanosciences et cognisciences. « On parle abondamment de cette convergence NBIC à propos de l’homme augmenté : mais qui réalise que c’est tout le vivant qui est concerné par le Biodesign ? » interroge Dorothée Browaeys.
 
Des experts pour décrypter la bio-révolution 
 
La concomitance des ruptures est explosive et mérite donc d’en parler, d’examiner ce qui nous attend. Les opportunités, les défis relevés, les enjeux économiques, les inconnues, les risques… L’affaire n’est pas seulement scientifique, industrielle, économique : elle est culturelle et politique
 
Le FESTIVAL VIVANT a proposé 3 journées de colloques, avec 70 intervenants, 11 ateliers, 20 équipes exposantes, une dizaine d’artistes, 15 partenaires mobilisés.Il y  a été question des microbes comme usines qui intéressent Solvay, GlobalBioenergies, la bioraffinerie Bazancourt-Pomacle, le levurier Lesaffre ou des start ups comme Abolis Biotechnologies. Chacun a témoigné de ses projets et modèles économiques. Etaient aussi au rendez-vous les semenciers RAGT et Limagrain, au cœur des nouvelles techniques de sélections (Crispr/cas9) qui ont échangé avec des juristes, biologistes, économistes, investisseurs, responsables politiques.  La journée grand public du samedi 17 septembre a révélé les incidences culturelles, philosophiques, éthiques de ces nouveaux biopouvoirs.
 
2000 milliards d’euros par an grâce à la bioéconomie
 
La bioéconomie est un secteur stratégique. « En Europe, les secteurs de la bioéconomie représentent 2 000 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, plus de 22 millions d’emplois et environ 9 % de la main-d’œuvre » (CE, 2012). Avec les investissements adéquats, la Commission européenne pronostique la création d’environ 130 000 emplois, ainsi que 45 milliards d’euros en valeur ajoutée à l’horizon 2025.
Dès 2009, l’OCDE a signalé l’importance de ce secteur dans son document La bioéconomie à l’horizon 2030 : quel programme d’action ? L’Allemagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l’Autriche, la Belgique (Flandres), la Suède, le Danemark et la Finlande se sont dotés de stratégies nationales. De même, les Etats-Unis ont publié le National bioeconomy blueprint en 2011.
En France, le sujet est brûlant car le gouvernement va annoncer sa feuille de route en septembre 2016
 
Une économie de prédation ou une solution pour le monde de demain ?
 
Le FESTIVAL VIVANT a montré combien les usages du vivant sont l’objet de tensions et conflits. L’engouement pour les bioressources - qui permet de sortir de l’ère du pétrole - peut organiser une économie de prédation redoutable  si l’environnement est traité comme un bien économique quelconque. Inversement René Passet, dans la foulée de Georgescu Roegen a vu l’opportunité de penser « l’économique avec le vivant » (1979). En bref, le choix est simple : soit nous forçons la nature à intégrer la logique économique et la configuration marchande, soit nous acceptons de penser que la crise environnementale est « le symptôme d’un seuil franchi, d’une nouvelle époque de la rareté », selon les termes de l’économiste Franck-Dominique Vivien qui est intervenu le 15 septembre à l’ouverture du FESTIVAL VIVANT.
 
Les défis du vivant
 
Trois défis ont été relevés.  Il faudra pouvoir arbitrer l’affectation des terres pour choisir entre « manger ou rouler », préserver les sols et la capacité de régénération des écosystèmes, encadrer les OGM nouveaux ou anciens pour garantir sécurité et traçabilité. L’utilité des propriétés recherchées (optimiser les rendements, résister à la sécheresse, aux nuisibles ou aux maladies, supporter des pesticides ou les transformer en usines à carburants) méritera une adhésion des citoyens. De graves responsabilités seront à endosser : faudra-t-il ou non éradiquer les espèces nuisibles comme les moustiques vecteurs de maladies ? En filigrane, les modèles d’agriculture et d’alimentation seront à revisiter. 
 
Un changement de culture
 
Selon Dominique Dron, ancienne Commissaire au développement durable, « La bioéconomie, au travers de la mobilisation des ressources issues du vivant, nécessite un changement de culture : « […] se précipiter dans la bioéconomie en ayant cette seule vision réductrice (soit la substitution de matières renouvelables et processus moins nocifs) et en conservant les raisonnements de l’économie minérale, nous exposerait à de rapides déconvenues, mais encore à des dommages supplémentaires sérieux. » (Dron dans Réalités industrielles, 2013).
 
Des artistes et des inventeurs pris sur le vif
 
Ces enjeux se sont dévoilés aussi à travers l’expression des artistes, ingénieurs, designers ou étudiants biologistes, exposant au FESTIVAL VIVANT. Le village des initiatives et l’espace Imagine BioFuturs ont été l’occasion de les rencontrer et de saisir le dynamisme et la variété des projets et réalisations des créatifs et biohackers.
La Performance Tangible Striptease (en nanoséquences) réalisée par ORLAN et Maël Le Mée et présentée le 16 septembre au soir a déployé toute la charge affective de notre rapport au vivant et à nos interdépendances. «Où suis-je ? » a interrogé ORLAN insatisfaite de considérer l’apparence comme siège de l’identité. Et de faire circuler ses fluides corporels dans les mains des spectateurs !
 
Le FESTIVAL VIVANT qui a accueilli près de 500 personnes s'est achevé sur divers scénarios du futur. Ce blog présentera dans les semaines qui viennent les échos de cet événement et ses perspectives. En images et en mots...
 
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Invité mardi 26 septembre 2017

LES MEMBRES ACTIFS DE LA COMMUNAUTE DU FORUM BioRESP

Dorothée BROWAEYS est journaliste, rédactrice e...
Jean-Jacques Perrier est journaliste, coordinat...
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Etudiante à AgroParisTech, je travaille à l'org...
Fondatrice et directrice de la rédaction de UP'...
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Auteure, comédienne et scientifique, Anne Rougé...
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