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Penser collectivement les usages du vivant

Posté par le dans Biologie
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Par Jeanne Pahun, Doctorante Université Montpellier- CNRS/ CIRAD
 
Le Festival Vivant qui s’est tenu à Paris les 15, 16 et 17 septembre derniers a ouvert de manière bien plus large qu’à l’accoutumée, le débat sur la bioéconomie. En effet, que cela soit à l’échelle de la Commission Européenne, grande promotrice de celle-ci, des pays qui élaborent des stratégies nationales pour la promouvoir ou des pôles agro-industriels qui la développent sur les territoires, la bioéconomie est souvent discutée à huis clos ou entre panels d’experts issus de la recherche en biotechnologies ou du monde industriel. En faisant interagir un grand nombre d’intervenants aux appartenances professionnelles diverses (biologistes, chefs d’entreprise, artistes, étudiants, chercheurs en génie génétique ou sociologie, représentants de multinationales ou d’ONG, etc.) le Festival Vivant a décloisonné les discussions
sur la bioéconomie et nous a invités à repenser collectivement les termes du débat de l’industrialisation du vivant.
 
La bioéconomie à sa source chez Georgescu Roegen
 
La même volonté d’ouverture se retrouve dans le titre de ces trois jours de forums « Bioéconomies, biotechs, agricultures, pour un futur viable ? » : en accrochant un « s » à une bioéconomie que l’on présente toujours dans les discours comme unique, le Festival Vivant a redonné au terme un historique et une pluralité. Non, la bioéconomie n’est pas née dans un rapport de l’OCDE des années 2000. Elle a d’abord été développée dans les années 70 par un courant de pensée dont les instigateurs refusaient la subordination de la nature par l’Homme et ses activités économiques. Ainsi, lors du Festival, la pensée de Nicolas Georgescu-Roegen et de René Passet, les deux économistes phares de ce premier courant de la bioéconomie, a été présentée, peut-être pour la première fois, aux promoteurs de la « nouvelle » bioéconomie, celle de l’économie du carbone vert et du renforcement de la domination humaine sur le vivant. Cette mise en présence des « deux bioéconomies », dont le point de départ commun –la complexité du vivant, aboutit à deux visions antagonistes du développement, était jusque-là inédite.
 
Les agriculteurs peuvent-ils se ressaisir des choix agricoles ?
 
On peut regretter toutefois l’absence d’agriculteurs et/ou de leurs représentants à ces journées de réflexion sur le développement des biotechnologies, des bioéconomies et des types d’agricultures qui leur sont associées. Aussi, quand on entend Jean-Marc Chauvet dire de la bioraffinerie de Pomacle Bazancourt « cette histoire, c’est d’abord une histoire d’agriculture », on aurait voulu savoir si aujourd’hui encore la bioéconomie était une histoire d’agriculteurs ou un bien processus d’industrialisation de biomasse dont ils se sentaient dépossédés. 
 
Enfin, s’il est vrai qu’organiser un débat sur l’économie des ressources naturelles avec des participants dont l’ADN est déjà programmé pour la production, l’innovation ou la recherche du profit, le Festival Vivant a, semble-t-il, permis de réintroduire l’espace de 3 jours, du politique dans la technique. Aux exposés sur les nouvelles technologies et l’ingénierie génétique qui vient, nombreux sont les participants qui ont avancé des questions d’éthique, de sens ou de développement d’alternatives moins couteuses ou moins excluantes. La philosophe Joëlle Zask a par exemple rappelé que derrière la complexité astronomique des techniques scientifiques d’exploitation du vivant, se retrouvent des intérêts économiques, ceux des promoteurs du puissant techno-marché, tout à fait identifiables et saisissables pour leur part. Ces rapports de forces sont souvent effacés ou niés dans les discours traditionnels sur la bioéconomie. En ce sens, le Festival Vivant aura constitué un temps précieux et salutaire de mise en débat de l’industrialisation de la biomasse, prémisse d’une réflexion sur le rapport du vivant avec nous-mêmes, dont on ne peut que souhaiter à l’avenir, la plus grande ouverture et la prise en compte dans les décisions politiques.
 
 
 
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Invité vendredi 24 novembre 2017

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