Le Blog de Dorothée Browaeys

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Zika est juste le premier front de la guerre biologique du 21e siècle
Un article paru le 24 août dans Foreign Policy Magazine*  souligne les effets explosifs de la biologie de synthèse en matière de défense. La contamination par le virus Zika illustre les risques de pandémie, dès lors que l’on ne connaît pas l’ennemi ! Comment envisager de mettre en œuvre la dissuasion dans ce domaine où les signes de malveillance sont indéchiffrables ? Quels moyens déployer pour décoder une attaque et identifier l’adversaire ? Autant de défis qui exigent une coordination nationale et internationale aujourd’hui, à peine amorcée. 
 
Article de James Stavridis**  traduit par Dorothée Browaeys
 
* Fondé il y a quarante ans par Samuel Huntington, Foreign Policy Magazine réalise une veille sur les principaux enjeux mondiaux. En 2013, ce media a été acheté par Graham Holdings Company,  anciennement le Washington Post Company.
**James Stavridis est un amiral de l’U.S. Navy, commandant de l’OTAN et 
doyen de l'École Fletcher de droit et de diplomatie à l'Université Tufts
---
 
Il y a de nombreux défis en matière de sécurité nationale aux États-Unis, mais trop souvent notre attention est exclusivement focalisée sur les menaces terroristes,  la géopolitique et les cyberattaques. Alors que le pays affronte l'arrivée du virus Zika et envisage des interdictions de voyage vers Miami , il est temps d'avoir un débat approfondi sur les menaces posées par la biologie.  
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Posté par le dans Biologie
Un OGM pour sauver Lascaux
Utiliser une bactérie génétiquement modifiée pour sauver les peintures de Lascaux : c’est l’idée insolite que développent huit étudiantes de Toulouse. Ces dernières veulent lutter contre les moisissures noires qui ont contaminé Lascaux après l’invasion de  filaments blanchâtres de champignon fusarium solani.  A l’automne, cette équipe exclusivement féminine présentera le résultat de ses recherches à Boston lors de la compétition international iGEM  de biologie synthétique.
La démarche des étudiantes de l’INSA Toulouse est d’utiliser la banale bactérie Bacillus subtilis - présente dans la grotte – pour qu’elle attaque le champignon qui ronge les peintures. Mais pour cela il faut modifier génétiquement la bactérie pour qu’elle excrète quatre produits fongicides.
Pour assurer l’absence de diffusion dans l’environnement de cet OGM, les biologistes en herbe prévoient que leurs microorganismes « s’autodétruisent » par un système toxine/antitoxine (si la bactérie soigneuse contamine une autre bactérie, elles meurent).
Les candidates inventeront aussi un dispositif portatif pour appliquer leur OGM le plus localement possible et confiner les effets.
Reste à savoir si la démarche sera probante et si elle pourra être acceptée par les Monuments historiques !
Déjà l'an dernier une équipe iGEM de Toulouse s'était consacrée à sauver un patrimoine, celui des platanes du Canal du midi rongés aussi par un champignon redoutable. Mais la faisabilité n'a pas permis de déboucher sur une solution... Le concours iGEM c'est souvent beaucoup de rêves...
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Posté par le dans Biologie
Alerte au riz fou !
108 Prix Nobel somment Greenpeace de stopper leur « croisade anti-OGM ». Dans une lettre adressée à l’organisation militante, les scientifiques renommés demandent à l’ONG de « ne plus dénigrer le riz doré qui peut apporter une ressource en vitamine A aux enfants des pays en développement. La campagne est parfaitement orchestrée avec son site internet dédié à « l’agriculture de précision » supportprecisionagriculture.orgqui présente la liste des signataires, parmi lesquels quelques Français comme Claude Cohen-Tannoudji, Roger Guillemin, Serge, Haroche et le chimiste Jean-Marie Lehn. On trouve les grands noms de Stanley Prusiner, Sir Martin J. Evans et bien sûr James Watson.  
 
« Nous appelons Greenpeace à cesser sa campagne contre le riz doré en particulier et contre les cultures et les aliments améliorés grâce aux biotechnologies en général, écrivent les 108 Prix Nobel qui enjoignent les dirigeants et les militants à se résoudre aux « excellents résultats des OGM reconnus la plupart des agences ». La lettre qu’ils ont publiée ce 30 juin est un plaidoyer pour ce qu’on appelle « l’agriculture de précision » qui vise l'optimisation des rendements, des investissements et le recours aux biotechnologies. L’ennemi public tout désigné est l’association militante Greenpeace. « Greenpeace a été le fer de lance de l’opposition contre le riz doré. Or ce dernier a le potentiel de réduire ou d'éliminer la plupart des décès et maladies causées par une carence en vitamine A (CVA), dont l’impact est le plus fort sur les populations les plus pauvres en Afrique et en Asie du Sud-Est ».
 
L’opération de lobbying a été organisée par Richard Roberts, directeur scientifique des NewEngland Biolabs et Phillip Sharp, qui a reçu son Prix Nobel en 1993 pour sa découverte des séquences génétiques appelées introns (qui permettent une combinatoire d’expression génétique). Une conférence de presse s’est tenue jeudi 30 juin à Washington. La rencontre a été menée avec le soutien d’un ancien de Monsanto, Jay Byrne qui veillait à filtrer les journalistes.
 
La pétition a ciblé le riz doré, le seul OGM censé apporter un bénéfice santé
 
Les pétitionnaires en appellent aux gouvernements pour qu’ils fassent « tout ce qui est en leur pouvoir pour s’opposer aux actions de Greenpeace et accélérer l'accès des
agriculteurs à tous les outils de la biologie moderne, en particulier des semences améliorées par les biotechnologies. L’opposition basée sur l'émotion et le dogme, et contredite par les faits, doit être stoppée ». Les auteurs - qui ont fait signer les Prix Nobel - ont ciblé le riz doré, qui est le seul OGM censé apporter un bénéfice santé. Cela leur permet de conclure sous un mode dramatique : « Combien de gens doivent mourir avant que l’on reconnaisse ce rejet comme un « crime contre l’humanité ? »
 
Cette manifestation arrive à un moment crucial de la révision de la réglementation OGM aux Etats Unis. Le 21 juin, le Président de la Commission du Sénat américain sur l’agriculture, Pat Roberts (R-KS), et Debbie Stabenow (D-MI) ont publié un projet de loivisant à exiger l’étiquetage obligatoire de la plupart des aliments contenant des ingrédients génétiquement modifiés. Le projet de loi prévoit des options d’étiquetage – les entreprises peuvent choisir d’offrir aux consommateurs une étiquette sur l’emballage, un symbole ou une étiquette électronique pouvant être scannée. L’étiquette électronique pouvant être scannée doit fournir directement aux consommateurs des informations sur les OGM. Ce projet de loi Roberts- Stabenow sur l’étiquetage des OGM va venir au un vote la semaine prochaine au Sénat des Etats-Unis. Bien sûr l’actualité sur la définition des aliments génétiquement modifiés dans les cas des nouvelles technologies autour de CRISPR crispent les protagonistes. Selon Stacy Malkan (de l’ONG US Right to Know), « Ces scientifiques de renommée mondiale ont été utilisés comme des pions politiques pour un jeu qui les dépasse ».
La réponse de Greenpeace 
« Nous sommes des scientifiques. Nous comprenons avec la logique de la science. C’est facile de voir que Greenpeace fait des dégâts et est anti-science, a confié au Washington Post. Le britannique et leader de la démarche, Richard Roberts. Greenpeace au début, puis certains de leurs alliés sont sorti délibérément de leur chemin pour effrayer les gens. C’est une manière pour eux de lever des fonds pour leur cause ».
En réponse à cette campagne de dénigrement, Wilhelmina Pelegrina, responsable pour Greenpeace dans le Sud-Est asiatique (Manille), estime que " Les accusations laissant penser que nous bloquons le riz « Golden » génétiquement modifié, sont  fausses. Ce riz 'Golden ' a échoué en tant que solution et n’est actuellement pas disponible à la vente, même après plus de 20 ans de recherche . Comme admis par l'Institut international de recherche sur le riz , il n'a pas été apporté la preuve qu’il pouvait corriger réellement carence en vitamine A . Donc, pour être clair, nous parlons de quelque chose qui n'existe même pas. La militante considère surtout qu’on répond trop souvent à un problème social par des projets techniques qui ne marchent pas. « La seule solution garantie pour corriger la malnutrition est une alimentation saine diversifiée. Il est irresponsable d'imposer le riz doré comme un remède rapide pour les gens qui ne l'accueillent , en particulier quand il y a des options sûres et efficaces déjà disponibles ».
Dans sa chronique de mardi dernier (Le monde du 5 juillet 2016), Stéphane Foucard ironise aussi sur ce riz doré qui n’a toujours pas fait ses preuves. Depuis vingt ans. Et ce n’est pas vraiment la faute à Greenpeace !
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Forum Biologie de synthèse à Amsterdam : visions du futur les 24-25 juin 2016
Les occasions sont rares d’échanger sur les nouvelles techniques de modification du vivant. Les 24 et 25 juin 2016, un Forum s’organise à Amsterdam, sur les visions du futur qui se trament avec la biologie de synthèse. Organisé dans le cadre du Programme européen SYNENERGENE, cette rencontre est une belle opportunité pour saisir les enjeux colossaux dans ce domaine : nouvelles techniques de cuisine moléculaire comme CRISPR-Cas9 ou Talen, impacts des organismes modifiés, sécurité,  nouvelles solutions biosourcées, transitions vers de nouveaux usages des biomasses (bioéconomie)… et les questions de gouvernance associées : usages et régénération des sols, cohabitation des cultures, traçabilité des organismes génétiquement modifiés….
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Comment nommer et gérer les nouvelles techniques génétiques ?
La cuisine moléculaire, ca donne des responsabilités. Parce que le vivant n’est pas une machine confinée. Et que nous en sommes !
Alors quand arrivent des techniques, peu chères, rapides, ciblées, les choses s’accélèrent. On les appelle Crispr-Cas9 , Talen, doigt de zinc… ou autres expressions obscures pour le grand public. Ce qu’il faut comprendre c’est qu’au lieu de greffer un bout de gènes comme avec les OGM des années 90, on recourt à des démarches qui s’apparente à des Copier-coller dans l’édition. C’est pourquoi on rassemble ces démarches sous le termes générique d’ « édition de gènes ». Pourtant la métaphore - qui laisse penser à une action très maîtrisée - n’est certainement pas juste puisque lors de ces interventions, surgissent des tas d’effets collatéraux, comme si vous changiez tous les p du texte …
 
Nouveaux OGM, NPBT (New breeding techs), OGM cachés »... et voici les OMEG
 
La désignation  de ces interventions génétiques est déterminante. Les adversaires ont déjà choisi leur désignation et parlent d’OGM cachés. Dans son article publié dans le Monde du 1er juin, Jean-Stéphane Joly, directeur de recherche à l’INRA lance un nouveau terme, celui d’organismes mutés par édition de génome pour aussitôt lancer l’usage d’un nouveau sigle : OMEG. Mais le chercheur qui enjoint tous les acteurs concernés à interagir – « il est urgent de débattre » - semble ne pas se rendre compte que les catégories et les représentations, ca ne se décrète pas ! L’histoire est jalonnée d’exemples où l’on constate que ce sont des gens éloignés de la science, ou en tout cas distanciés, qui formulent des repères et des slogans.  Les observateurs de la blogosphère des relations publiques des gouvernements savent bien que la sémantique d’une polémique, c’est le fruit des groupes d’influence et des médias. On sait ce qu’a produit l’appellation « Terminator » qui a été choisie par ETC Group pour désigner les semences stériles produites par Monsanto dans les années 90. De même le titre en Une de Libération « Alerte au soja fou » est resté dans toutes les mémoires.
La bonne volonté est une chose, mais l’ouverture en est une autre. Quand on appelle au débat public, on ne peut que miser sur l’inclusion des groupes de toutes sortes d’obédiences et leur conflictualité sur les mots. Car les mots reflètent les cadres de pensée, les représentations du vivant et les relations ou usages que chacun développe. Quand les biologistes de synthèse parlent de châssis en désignant les levures, bactéries, ou autres microorganismes prêts à accueillir leurs « cassettes informatives » que sont les gènes pour eux, ils formatent un certain regard sur ces microbes.
 
Etrange contradiction : les insdustriels veulent breveter (exigence de nouveauté) et ne pas distinguer leur produit (pas de traçabilité)
L’intervention généralisée sur le génome des organismes vivants n’est pas une affaire de scientifiques. Elle oblige à placer les enjeux au plan politique. La sociologue américaine Sheila Jasanoff a publié récemment un article essentiel, CRISPR à l’épreuve de la démocratie. Elle y précise le besoin pressant d’une appropriation citoyenne des projets de modification des génomes. Cela résonne comme urgent quand on apprend que 25 chercheurs ont annoncé le 2 juin dans la revue Science qu’il allait fabriquer un génome humain synthétique.
Cette discussion politique oblige à un préalable : que les produits nouveaux soient traçables afin que les acteurs des biotechs (blanches, rouges ou vertes) puissent rendre des comptes sur leurs produits.  Car on découvre souvent chez les promoteurs de cette bioingénierie une étrange contradiction : la demande de brevets assortie d’une demande de non distinction.
On le sait, la directive 2001/18 relative à la dissémination volontaire d'organismes génétiquement modifiés dans la nature oblige les fabricants d’OGM à fournir les amorces (construction génétique de leurs OGM) mais exempte les créations par mutagenèse de tout suivi. Tous les biologistes conviennent pourtant qu’il s’agit d’organismes au génome modifié. L’exemption repose sur l’affirmation que la nature pourrait générer les modifications. C’est la référence au « naturel » qui laisse penser l’absence de danger. Ce point est litigieux tant il est flou et non pertinent. On connaît les désastres d’espèces envahissantes « naturelles », la toxicité de toxines « naturelles «  comme les aflatoxines, la sensibilité du génome dont la modification que quelques bases peut générer des maladies graves….
Après les OGM, dont tout le monde apprécie les avantages comme producteurs de médicaments recombinants (l’insuline, les facteurs de croissance …) mais beaucoup moins les risques quand ils sont dans nos champs, les citoyens ont compris que la discussion doit concerner les projets et les modalités d’usages. Quand les premières autorisations d’organismes issues de Crispr-Cas 9 concernent un champignon qui cache son vieillissement (et qui ne brunit plus), le consommateur ne peut être que réfractaire. Plus pertinentes seront les propositions pour agir sur les moustiques vecteurs de maladies comme zika, le chikungunya ou le paludisme,  si tant est qu’ils soient mis en œuvre par des autorités publiques garante du bien commun.
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