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Les politiques s’emparent des enjeux bioéconomiques

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En février dernier l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST) a publié le rapport au titre prometteur : « De la biomasse à la bioéconomie : une stratégie pour la France ». Censé aiguiller la stratégie future sur l’usage des biomasses, ce panorama ne fait qu'évoquer la question de la bioéconomie en France et n’exprime pas de véritables solutions. Cependant cette initiative s’ajoute à des réflexions de plus en plus nombreuses sur le sujet, annonçant la feuille de route stratégique de la France sur la bioéconomie qui sera publiée en juillet prochain.

 

 

Sous l’impulsion du sénateur Roland Courteau, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST) a été saisi début 2015, d’un enjeu stratégique, celui de la bioéconomie. En pleine discussion sur la transition énergétique, se sont tenues le 25 Juin 2015 des auditions publiques regroupant un large panel d’acteurs concernés par la bioéconomie: industriels, chercheurs, experts, institutionnels… 

Les acteurs sont conscients que l’exploitation de la biomasse à des fins non alimentaires, justifiée par sa nature renouvelable, va jouer un rôle central dans la réduction des gaz à effet de serre et la transition énergétique. Mais son rôle doit être renforcé dans d’autres domaines que celui de l’énergie. En effet ses applications dans la construction, les emballages, les cosmétiques, et la chimie en général… doit être développé; de même que la mise en valeurs des ressources agricoles et forestières françaises. Le potentiel de la recherche française est un levier du développement des produits biosourcés et d’une substitution progressive du carbone végétal au carbone fossile. 

 

Attention aux conflits d’usages et à l’adhésion sociale

 

Toutefois, plusieurs intervenants ont mis en exergue les risques d’une forte mobilisation de la biomasse. Des tensions au niveau de la ressource vont émerger, liées à la demande énergétique qui est peu prévisible. Les objectifs actuels de réduction globale de la consommation d’énergie sont donc une priorité. Il sera nécessaire de « mieux convertir la potentiel de ressources en une réalité productive pour atteindre certains objectifs sectoriels de moyens termes ».

La création d’un cadre économique propre à la biomasse semble compliquée car la biomasse repose sur des « logiques économiques non stabilisées ». Cette économie est alors peu compétitive et ses perspectives sont incertaines. De plus l’industrialisation de la biomasse demande des infrastructures spécifiques et des investissements, risqués. Une « politique volontariste durable » sera nécessaire pour développer la bioénergie.

 

La mobilisation de la biomasse va entrainer des conflits d’usage qu’il va falloir anticiper et gérer. Si la priorité reste celle l’alimentation,  des mesures contre le gaspillage et un changement de régime alimentaire peut permettre de limiter cette contrainte de rareté. Les tensions à la fois entre les utilisateurs d’une même ressource mais aussi entre les producteurs d’un même produit biosourcé devront être gérées par la complémentarité des usages et l’analyse de la plus grosse création de valeur. Les questions à propos des relations entre l’exploitation de la biomasse et la biodiversité ainsi que la fin de vie des matériaux ont aussi été soulevées.

Enfin, les acteurs se sont entendus sur la nécessité d’une politique bioéconomique s’inscrivant dans la temps et l’espace, passant par une vision à long terme et une coordination entre les états européens. Pour atteindre une « acceptation sociale », l’échange avec la société est indispensable.

 

Le rapport de l’OPECST rédigé par Bruno Sido et Jean-Yves Le Déaut, parie sur un « scénario gagnant » passant basé sur une utilisation de la biomasse bien hiérarchisée, dans un cadre économique favorable. 

La principale idée se dégageant du rapport est la nécessité d’une stratégie nationale qui permette une action coordonnée de toutes les parties prenantes. Des dynamiques sont déjà encouragées par les pouvoirs publiques comme des programmes d’investissement ou partenariats scientifiques et technologiques (INRA et IFPEN en vue de l’élaboration d’une stratégie commune de recherche et d’innovation en bioéconomie, mais il n’y a pas de stratégie globale et claire. La publication du rapport stratégique par les ministères concernés ne se fait que plus attendre.

 

Gouvernance, financement et coordination des acteurs

 

Le développement de l’industrie biosourcée doit obligatoirement être accompagnée d’un développement économique équilibré. En France la ressource forestière est très importante et bien gérée, d’où la nécessité du développement de la filière bois avec une complémentarité bois énergie - bois matériaux. Les biocarburants de première génération sont à remettre en question car l’augmentation de la production ne semble pas souhaitable du fait de l’utilisation de ressources agricoles et de l’effet incertain sur les émissions de GES. Cependant ils constituent un tremplin vers les biocarburants de 2ème et 3ème génération. Du côté de la méthanisation, son développement semble compliqué car il n’existe pas de cultures spécialisées -à l’instar du cas allemand- et se dirige plutôt vers la valorisation des déchets et l’économie circulaire.

 

On peut dégager quelques perspectives de la recherche française : de meilleures connaissances du bilan écologique de chaque type de biomasse pour connaitre les effets inhérents des GES et des changements d’affectation des sols, le développement de biocarburants sans concurrence avec l’usage alimentaire et le développement de la chimie verte. 

 

La dernière partie du rapport sur l’état des lieux de l’utilisation de la biomasse aborde enfin le sujet de la bioéconomie, jusque là éludé. Les grandes lignes sont reprises par document de travail du Centre d’étude de perspectives (CEP) sur les enjeux de cette nouvelle économie, résumé dans l’article Les prémisses de l’agenda « bioéconomie » de la France . Il rapporte la nécessité d’une action coordonnée des parties prenantes de la bioéconomie (pouvoirs publics et entreprises), d’une stratégie nationale. La difficulté à avoir une vision d’ensemble de cette économie étant due à la multiplicité des secteurs et donc des acteurs concernés. Mais ces idées ne sont pas nouvelles et manque encore de concrétisation. Le rapport dégage tout de même cinq défis auxquels la prochaine politique publique devra faire face: assurer la sécurité alimentaire, diminuer la dépendance au hydrocarbures, exploiter durablement les ressources renouvelables et limiter les rejets de gaz à effet de serre

Toutes ces réflexions montrent bien l’importance grandissante de la bioéconomie et laisse présager les grandes lignes de la fiche stratégique qui va être publiée au début du mois de juillet.

 

 

 

 La biomasse, c’est quoi ? 

  La biomasse « désigne l’ensemble de la matière organique végétale ou animale issue de la forêt, de l’agriculture, de la pêche et de l’aquaculture, ainsi que des industries    connexes, et la fraction biodégradable des déchets industriels ou ménagers ». Son usage non alimentaire est surtout centré sur la production d’énergie renouvelable, avec  la perspective de contribuer à la transition énergétique. En effet,  la réduction de la consommation d’énergie fossile permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Dans cette optique, l’Europe veut favoriser les énergies renouvelables avec des objectifs ambitieux: « La directive 2009/28/CE du 23 avril 2009 sur les énergies renouvelables impose aux États membres de disposer dans leur bouquet de consommation énergétique d’au moins 20% d’énergies renouvelables (EnR) à l'horizon 2020. {…} Le plan d'action national français prévoit que la biomasse doit fournir l’énergie nécessaire à la réalisation de plus de la moitié de cet objectif, ce qui permet de situer les enjeux liés à la mobilisation d’une ressource diversifiée et abondante, qui est un avantage comparatif indéniable du pays. »

À l’heure actuelle, seuls les biocarburants de première génération ont atteint le stade industriel (biodiesel et bioéthanol), les biocarburants de deuxième génération sont seulement en phase de décollage.

La gestion de certaines contraintes clés sera déterminante pour la transition bioéconomique : la concurrence avec les usages alimentaires et l’utilisations de ressources comme l’eau et les sols.

 

 

 

Vous pouvez consulter le rapport de l’OPECST ici : https://www.senat.fr/notice-rapport/2015/r15-380-notice.html

Ainsi que les vidéos de l’audition publique ici : http://videos.senat.fr/video/videos/2015/video29150.html

 

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Invité vendredi 21 septembre 2018

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