Le Blog de Dorothée Browaeys

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John Bell veut miser sur les énergies territoriales pour pousser les transitions bioéconomiques

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Dans une interview exclusive donnée à The BioJournal., John Bell directeur de la bioéconomie à la DG Recherche et innovation de la Commission européenne discute «de la nécessité de sortir notre économie de sa dépendance à l'égard des ressources fossiles ». Mario Bonaccorso questionne John Bell en évoquant les 5 300 milliards de dollars de subventions mondiales sur les combustibles fossiles en 2015 (soit 6,5 pour cent du PIB mondial) qu’il désigne comme un système à la fois de distorsion de concurrence pour la bioéconomie mais aussi facteur de dégâts par les émissions de CO2 qu’il faut désormais compenser. John Bell s’emploie à impliquer les parties prenantes et les territoires
pour réaliser les transitions vers le recours aux biomasses. Il estime que la concurrence croissante sur les biomasses va nous obliger à mieux utiliser les ressources
 
Interview réalisée par Mario Bonaccorso pour The BioJournal
et traduite par Dorothée Browaeys
 
Le FMI a estimé les subventions mondiales sur les combustibles fossiles en 2015 à 5 300 milliards de dollars, soit 6,5 pour cent du PIB mondial. Dans ce scénario, comment l'Europe peut-elle accélérer la transition vers une bioéconomie?

La nécessité de détourner notre économie de sa dépendance à l'égard des ressources fossiles est évidente. En effet, le message sans équivoque des négociations de la COP21 est que les gouvernements vont maintenant définir les politiques pour inciter à la transition décarbonée.
La bioéconomie a un fort potentiel pour être une grande partie de la solution. Mais ce n'est pas automatique. Elle nécessite d'importants investissements supplémentaires dans la recherche et l'innovation dans la production primaire (agriculture), ainsi que dans l'alimentation et la nutrition, la bio-transformation et la bioénergie.

Le nouveau partenariat public-privé de la Commission avec l'industrie - doté de 3,7 milliards d'euros par l'UE et le Consortium des industries biologiques (BIC) - est un pas important dans la bonne direction pour développer un secteur bio-industriel. Cela doit réduire significativement la dépendance de l'Europe vis-à-vis des produits à base de fossiles, aider l'UE à atteindre les objectifs en matière de changement climatique et favoriser une croissance plus verte et plus respectueuse de l'environnement.
Plus largement, le Plan d'investissement pour l'Europe présenté par la Commission européenne est un ensemble de mesures destinées à débloquer des investissements publics et privés d'au moins 315 milliards d'euros au cours des trois prochaines années. Il se compose de trois volets: mobiliser le financement des investissements sans créer de dette publique; Appuyer des projets et des investissements dans des domaines clés, y compris la recherche et l'innovation; Et éliminer les obstacles sectoriels et non financiers aux investissements. Ainsi, la Commission s'emploie à assurer un environnement favorable à la recherche et à l'innovation, ainsi qu'à des investissements dans la bioéconomie.
 
Mais il ne s'agit pas seulement de subventions: le fait de ne pas prendre en compte le coût des externalités négatives causées par les produits fossiles crée des distorsions sur le marché. En d'autres termes, il faut se demander qui paie pour les dégâts causés par les émissions de CO2?
 
Ce sont des questions politiques qui dépassent le cadre d'une stratégie de bioéconomie.

La nécessité d'une taxe sur le carbone a été présentée à Utrecht en avril dernier lors de la Conférence des parties prenantes sur la bioéconomie de l'UE. Pensez-vous que cela soit possible et qu'il serait vraiment utile?

La politique fiscale est l'une des questions les plus sensibles en Europe et une question pour les dirigeants politiques.
 
L'un des principaux objectifs de la stratégie de l'UE en matière de bioéconomie est de promouvoir la transition vers une économie à faible intensité de carbone d'ici à 2050. Cette transition exige que la société prenne un nouveau rôle actif. A Utrecht, vous avez défini la société comme «la force motrice de la bioéconomie». Que fait la Commission européenne pour relier la bioéconomie et la société?

La Commission encourage entre autres le dialogue avec les parties prenantes au sein du panel européen des parties prenantes à la bioéconomie. Le groupe d'intervenants en bioéconomie réunit des personnes ayant des points de vue différents. Les entreprises et les producteurs primaires, les décideurs et les administrations publiques, les scientifiques et les chercheurs et les organisations de la société civile. Lors de la conférence d'Utrecht, les parties prenantes ont également discuté des éléments constitutifs d'un Manifeste européen des parties prenantes sur la bioéconomie, sur lequel le Groupe de travail se penchera davantage, afin d'identifier les principes et les actions susceptibles de contribuer au développement d'un agenda sociétal largement partagé pour la bioéconomie. Par ailleurs, la Commission a par exemple financé des projets visant à mieux associer les citoyens à la bioéconomie, par exemple via le projet CIMULACT, qui vise à identifier les aspirations et les préoccupations des citoyens en ce qui concerne l'orientation future de la recherche et de l'innovation, dans le contexte de la bioéconomie.

Dernièrement, il ya eu beaucoup de discussions sur le rôle des régions dans la bioéconomie européenne. À votre avis, quel est exactement leur rôle?

De nombreuses régions de l'UE se concentrent de plus en plus sur le lancement de leurs stratégies de bioéconomie. L'importance de leur rôle ne doit pas être négligée. Les régions européennes intéressées à créer de nouvelles opportunités pour leurs agriculteurs, leurs industries et leur société devront jouer un rôle de premier plan pour mobiliser les acteurs régionaux / locaux, sensibiliser et échanger des connaissances sur les nouvelles opportunités, créer des incitations en utilisant leurs fonds structurels et d'investissement européens, En encourageant de nouveaux partenariats et en favorisant les synergies avec le programme H2020 afin de faciliter les investissements et de créer les bonnes politiques.

Une coopération étroite entre la Commission européenne et les États membres / régions de l'UE revêt une importance primordiale pour promouvoir davantage les meilleures pratiques, créer des réseaux et échanger des informations. Pour cette raison, un nouveau projet CSA sous la bannière Horizon2020, BioReg, commencera bientôt à créer une plate-forme de parties prenantes des organisations régionales et locales (autorités régionales ou agences mandatées ou clusters) intéressées à élaborer des stratégies ambitieuses en faveur des produits / industries bio. S'appuyant sur les «régions modèles de démonstration», les études de cas réussies seront partagées et transposées dans d'autres régions européennes intéressées, dans le but d'élargir la participation des pays à la mise au point de stratégies biologiques régionales. En Europe, les bioéconomies sont diverses et nécessitent une forte pression au niveau local et régional.

Avec de nombreuses bioéconomies régionales, n'y a-t-il pas le risque de fragmenter trop la bioéconomie européenne, créant ainsi un gaspillage d'argent et de ressources?

Les industries et produits biologiques offrent de nouvelles possibilités de développement régional et urbain en utilisant des ressources biologiques locales renouvelables et en valorisant des déchets agroalimentaires, forestiers et urbains, tant pour l'énergie que pour les biomatériaux.

Nous avons besoin de davantage de recherche et de développement technologique au niveau régional pour exploiter ce potentiel de biomasse de manière durable et pour stimuler l'emploi et la croissance. L'innovation est la clé. Prenons l'exemple des biodéchets municipaux. La ville d'Amsterdam a publié une vision d’un recyclage à haute valeur de tous les flux de résidus organiques dans la ville. Cela peut créer une économie urbaine circulaire, générant des emplois et de la croissance économique tout en économisant des émissions de CO2. Nous estimons que si les 50 plus grandes villes de l'UE devaient suivre l'exemple d'Amsterdam, cela pourrait générer 12 milliards d'euros de valeur ajoutée, créer près de 100.000 emplois et éviter près de 50 millions de tonnes d'émissions de CO2. La cohérence avec les partenaires nationaux, macro-régionaux, d'investissement et européens est essentielle.
 
Il y a environ un an, la Commission européenne a adopté un nouveau Paquet de l'économie circulaire pour stimuler la transition de l'Europe vers une économie circulaire. Que fait la Commission pour renforcer le lien entre l'économie circulaire et la bioéconomie?

Le développement d'une bioéconomie pensée comme moteur de l'économie circulaire déterminera son succès dans les principaux systèmes, depuis l'agriculture jusqu’à la lutte contre le gaspillage. Le paquet Économie circulaire adopté en décembre identifie la biomasse et les produits biologiques comme l'un des cinq domaines d'action prioritaires. Des scénarios de type «business as usual» montrent que, dans un proche avenir, la concurrence sur l'utilisation de la terre, de l'eau et des ressources biologiques (déchets inclus) augmentera du fait des effets du climat, de la technologie et des tendances économiques et politiques. L'Europe peut tirer des avantages économiques et environnementaux de la meilleure utilisation de ces ressources.
Pour cette raison, l'économie circulaire est au cœur du programme d'efficacité énergétique établi dans le cadre de la stratégie Europe 2020 pour une croissance intelligente, durable et inclusive. L'utilisation plus efficace des ressources apportera également de nouvelles perspectives de croissance et d'emploi. Toutes les mesures visant à accroître la productivité des ressources de 30% d'ici 2030 pourraient faire grimper le PIB de près de 1%, tout en créant 2 millions d'emplois supplémentaires.

La Commission travaille à l'examen de la stratégie de bioéconomie. De votre point de vue, quels sont les trois piliers sur lesquels la nouvelle stratégie doit être fondée?

La stratégie Bioeconomy lancée en 2012 s'articule autour de trois piliers:
- Les investissements dans la recherche, l'innovation et les compétences;
- Le renforcement de l'interaction politique et de l'engagement des parties prenantes;
- L’amélioration des marchés et compétitivité.
La stratégie comprenait également un plan d'action pour sa mise en œuvre. Le groupe d'experts chargé d'examiner la stratégie 2020 peut suggérer différentes orientations fondées sur le développement économique mondial (COP21, SDG, économie circulaire) et sur les défis sociétaux (déchets alimentaires, énergies renouvelables et matériaux).
La prochaine étape consiste à passer en revue les progrès accomplis dans l'ensemble de la bioéconomie de l'UE. Il existe de nouvelles raisons pour lesquelles une stratégie cohérente de bioéconomie est nécessaire quand on voit la pression sur les systèmes biologiques, l'offre / demande et la prévision de la biomasse, l'impact de la technologie, les engagements pour répondre à l'économie circulaire, les énergies renouvelables, les objectifs de développement durable, et les autres priorités politiques de l'UE.
Parallèlement à cet élargissement de la bioéconomie de l'UE, il faut approfondir les démarches au niveau national, régional, macro-régional et international. Toutes les nouvelles actions devront promouvoir les schémas politiques pour répondre à ces opportunités afin que l'Europe devienne la première économie industrielle bio-durable au monde.
 
 
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Dorothée BROWAEYS est journaliste, rédactrice en chef adjoint à UP MAGAZINE et coordinatrice de Synenergene avec JJ Perrier. Biologiste de formation, elle a confondé VivAgora, association pour la mise en culture de l'innovation. Impliquée dans des processus constructifs d’inclusion des parties prenantes (Forum NanoRESP, Université populaire Paris2), elle promeut l’ouverture des écosystèmes d’innovation. Elle a publié Fabriquer la vie : où va la biologie de synthèse ? (Seuil, 2011) et Le Meilleur des nanomondes, (Buchet Chastel, 2009).

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Invité mardi 26 septembre 2017

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